Le Cloud, miroir aux alouettes financier ?

Les raisons d’introduire le Cloud dans les entreprises sont variées : haute disponibilité, souplesse d’utilisation, sécurisation, accès mondialisé ou simplement élément hype qu’il faut avoir dans son portefeuille technologique. Mais son arrivée est souvent justifiée par un aspect économique, avec pour objectif avoué de diminuer un des coût majeurs dans le TCO, en supprimant la gestion d’un data center en propre - ainsi que les ressources matérielles et humaines associées.

Mais le Cloud est-il systématiquement synonyme de gain économique ? La promesse financière de ce type d’infrastructure se résume au Pay as you use, i.e. ne payer les ressources que lorsqu’elles sont utilisées par l’entreprise, au contraire de celles on-premise. Ce principe est cependant souvent mis à mal par :

  • la facilité de création des infrastructures, car on se pose moins la question du coût lorsqu’il y a peu d’effort pour obtenir une infrastructure
  • la dilution des responsabilités, la fourniture de services n’étant plus l’apanage d’une équipe d’exploitation centralisée
  • les faibles coûts unitaires des services, qui donnent l’illusion d’un coût de maintenance ridicule comparativement aux coûts de développement

Ce dernier point s’accompagne du passage des coûts du CAPEX vers l’OPEX, rendant les frais moindres mais récurrents et sans amortissement. La somme des petites rivières finit par bâtir de solides fleuves, la surconsommation cloud étant estimée à 14 milliards de $ en 2019.

Et le FinOps ? Bordel!

C’est là que le FinOps intervient. Contraction de Finance et d’Operations, il s’agit d’une approche qui vise à suivre et optimiser les coûts du Cloud, en construisant un compromis entre besoins métier, exigences sécurité, performances et coûts.

Tout comme les autres domaines “Ops” et conformément à la méthode agile, ce sont avant tout les équipes produits qui doivent être responsables de l’évaluation des coûts et mettre en oeuvre les actions FinOps. Cela passe nécessairement par un changement de mentalité des équipes qui doivent se sentir pleinement en charge des coûts que leur produit génère et connaître les mécanismes de facturation inhérents à chaque ressource utilisée chez leur cloud provider préféré, afin de pouvoir maîtriser leur consommation.

La transformation doit être accompagnée d’un outillage adéquat permettant la mesure de la consommation et y donner accès en temps réel aux équipes. Le minimum est fourni par les cloud providers via Cost Explorer d’AWS ou Cost Management chez GCP par exemple, qui permettent de comprendre les origines des coûts. Mais il vous faudra probablement investir dans des outils complémentaires pour exploiter leurs détails.

Enfin, une gouvernance doit être mise en place pour prévoir et suivre le budget cloud, définir des objectifs d’optimisation par département/service. Le référentiel FinOps World suggère à cette fin un centre d’expertise cloud, responsable de la relation avec les cloud providers, de la formation de vos équipes, de la diffusion des bonnes pratiques et de la stratégie d’entreprise sur la gestion de ces coûts.